Là où il y a une femme, il y a de la magie.

Ntozake Shange

Cette citation est d’autant plus forte qu’elle a été prononcée par l’artiste américaine Ntozake Shange, de son vrai nom Paulette Linda Williams. Elle écrivait sur les droits des femmes, particulièrement auprès de la communauté noire aux Etats Unis, en les encourageant à reprendre leur puissance et s’aimer soi-même pleinement.

C’est avec cette belle présentation historique et militante que je peux écrire, qu’enfin le pouvoir magique des femmes se libère ! Preuve de l’émancipation du féminin et du déclin du patriarcat.

Les femmes souffrent de décennies d’histoire, de supplices liés à leur genre, à leur corps, à leur sexualité et à leur pouvoir créateur. Enfermées, exilées, excisées, mariées de force, torturées, contraintes, flagellées, interdites. Tuées.

La Femme a toujours été la grand rivale de l’Homme. Inquiet et frustré par le grand pouvoir de donner la vie, il a exercé sa force dans l’unique but de la soumettre, de le lui faire payer.

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Dans un désir irraisonné, archaïque et compulsif de compenser le pouvoir unique et exclusif de la femme à donner la vie, l’homme s’est octroyé fièrement le pouvoir de mettre fin à la vie. Les femmes ont été essentialisées dans leur fonction de matrice et donc réduite à un corps sexué capable d’enfanter.⠀ ⠀ Ce pouvoir divin de gestation inaliénable des femmes a laissé aux hommes le temps – au moins 9 mois – de concevoir des outils et de s’approprier le feu. Très vite, ce qui sera utile à la chasse, aux transports, à la cueillette et aux tâches domestiques deviendra des armes non plus pour tuer des animaux et nourrir le village mais pour tuer d’autres êtres humains.⠀ ⠀ Pendant que la maternité est le pouvoir naturel de la femme, l’arme devient le pouvoir artificiel de l’homme, qui peut alors conquérir tous les autres domaines. Passant d’une épée à une armée militaire, l’homme conquit le territoire, puis l’État, puis la politique, la religion, la philosophie, les arts, le travail, la nature, la planète, l’espace…s’assurant bien de garder la femme dans sa fonction de matrice, contrôlant da fertilité et donc sa sexualité puis tous les autres domaines dans lesquels il a imposé sa puissance.⠀ ⠀ La femme a un pouvoir tandis que l’homme doit trouver quel est le sien et le prendre.⠀ ⠀ Sartre disait : l’existentialisme est un humanisme. Aujourd’hui, le féminisme est un humanisme.⠀ ⠀ J’ai trouvé ma verticalité quand j’ai accepté de m’allonger et de déposer mes armes. 👻 #balancetapeur #8mars #femme #homme #patriarcat

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A coups de manifestations et de revendications, les femmes ont obtenus le droit de disposer de leur corps, de pouvoir obtenir un métier, ouvrir un compte sans l’autorisation de leur mari, de pouvoir aller voter, etc.

Nous vivons dans une époque où nous avons encore des combats à mener : égalité salariale, droits dans certains pays de pouvoir disposer de son corps par l’avortement (par exemple), briser le tabous des règles, les injonctions sur la maternité, les sanctions pénales des actes de violence et de sexisme, etc.

En France, on recense en moyenne 1 féminicide tous les 2 – 3 jours. Sur les 1000 plaintes de viols annuelles, 90% des auteurs sont des hommes. On pointe enfin du doigt les affaires d’harcèlement étouffées, grâce à l’élan du mouvement #MeToo depuis les années 2010.

Les femmes brillent, elles prennent la parole. Elles créent des entreprises, prennent des postes importants dans la société, écrivent des livres sur leur rapport au corps, aux règles, à leurs plaisirs. Et beaucoup d’hommes s’enchantent de cette révolution, où le patriarcat les empêchait eux-même de se retrouver dans leur propre individualité, à ressentir des émotions et de la vulnérabilité. C’est tout un sujet complémentaire et important !

Le genre, pour certains, est déconstruit. Les individus ont désormais la possibilité de refuser de s’identifier aux injonctions sociétales, de perfection, de codes moraux. Aujourd’hui, nous ne parlons plus que d’énergie féminine et masculine. Car chacun possède son féminin et son masculin en complémentarité plus ou moins bien équilibrée.

Je suis allée à la rencontre d’individus queer, qui ne s’identifient pas à leur genre et qui s’inscrivent dans une démarche spirituelle à retrouver leur féminin sacré.

Elles/Ils/ils considèrent le militantisme féminisme comme une harmonisation du féminin/masculin dans la société, c’est-à-dire à l’extérieur de nous. Alors que le féminin sacré, cet empowerement personnel est un travail intérieur de guérison et de reconquête. D’ailleurs, le mot travail qui signifie “torture” peut largement être remplacé par les termes de “découverte”, “développer” ou “guérir”.

Et oui guérir, car notre féminin porte l’héritage douloureux de toutes ces générations passées de femmes, dans la société et dans notre généalogie. La psychogénéalogie, la trans-généalogie et les constellations familiales mettent en lumière dans l’histoire de chacun, des “fidélités” au sein des familles, qui se perpétuent dans les générations suivantes. Meurtres, incestes, abandon, flagellation, violences, tortures. Nous avons aujourd’hui la possibilité de nettoyer les conditionnements inconscients qui relèvent du passé et de se “remettre à zéro” afin de révéler notre véritable essence, enfin dépoussiérée de tous ces fardeaux.

Nous guérissons des blessures personnelles et transgénérationnelles du passé pour révéler notre éclat, ce qu’il y a de plus puissant et beau en nous. L’intuition, les idées, la lenteur, le calme, le repos, l’écoute…

Se réapproprier son féminin sacré, ce n’est pas sombrer dans les stéréotypes du féminin de nouveau. Ce qui peut rebuter beaucoup de féministes et personnes non binaires. C’est plutôt connaître toutes nos parts créatrices en tant qu’individus et non pas se caractériser par des qualités propres au genre : la femme est douce, l’homme est fort. Ce n’est pas cela.

La spiritualité taoiste explique plutôt que nous avons les deux pôles, les deux énergies du Yin et du Yang, complémentaires, harmonisés idéalement. Tout être humain, quelque soit son genre, son sexe, ses croyances, ses convictions est invité à s’harmoniser intérieurement entre ses forces intuitives et créatives.

Cette démarche est un acte d’amour à soi. Une belle manière d’apprendre sur soi-même et de s’honorer en tant que créature vivante, en se reconnectant à son corps, son cœur et son âme.

Je vous invite donc à découvrir des rituels à faire chez vous, de faire votre constellation familiale, de suivre des stages sur le féminin sacré, ou encore de vous procurer le défi Femmes de Lilou Macé.

– Camille